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de temps en temps


@ffinités





































































































































































































































































31 décembre 2011
[Compte à rebours — Ni demain ni la veille.]

En cas d’absence, fête comme si de rien n’était.



25 décembre 2011
[Texticules et icôneries —
Vices de forme & fautes de frappe.]

À chaque lettre volée, sa liberté gagnée.



19 décembre 2011

[Antidote au pessimisme ambiant
Attention aux variations saisonnières.]

Depuis le soulèvement tunisien de Sidi Bouzid, fin décembre 2010, des répliques sismiques n’en finissent pas d’agiter la planète et d’essaimer ici et là un élan de révolte sans frontière : agoras de campeurs en Espagne, grèves sauvages en Chine, manifestations monstres de la «génération fauchée» au Portugal, mouvement étudiant anticuts en Angleterre, résistance de masse à l’austérité punitive en Grèce, insurrection populaire en Égypte, occupation tous azimuts des places fortes financières aux États-Unis, protestation anti-corruption en Russie. Il suffit que la peur change de camp pour que ça fasse tache d’huile. Bien sûr, les autorités en place agitent toujours les mêmes chiffons rouges : nous ou le chaos monétaire, nous ou le péril islamiste, nous ou la guerre ethnique fratricide. Et à force d’élections retardées, anticipées ou truquées, ils parviennent tant bien que mal à sauver les meubles, sacrifiant parfois au passage tel despote honni pour mieux recycler la légitimité d’un pouvoir fort.
À suivre heure par heure, les flux et reflux de cette effervescence multipolaire, on serait tenté de céder trop vite à un enthousiasme naïf ou à une déception blasée, et on en oublierait presque que cette mondialisation de la contestation sociale n’en est qu’à ses prémisses, d’autant qu’elle doit réinventer à la base ses formes d’auto-organisation, sans messianisme révolutionnaire, ni bureaucratie verticale, ni modèle idéologique unifié. Alors hâtons-nous de n’en rien conclure. Sans bilan globalement positif non plus, mais avec des lueurs d’espoir toujours précaires. Des lucioles à l’horizon, plutôt que des aurores boréales.
Même si, dans l’œil du cyclone franco-français, le mélodrame pré-électoral nous a plongé toute l’année durant dans une sorte de coma collectif, entre inertie attentiste et profil bas résigné, il n’est pas interdit d’en prendre de la graine, pour semer le trouble un jour prochain. En s’inspirant par exemple de ces trois bonnes résolutions en image qui nous viennent des foyers d’agitation qui ont secoué récemment la côte californienne.



15 décembre 2011
[Rumœurs à la chaîne
& légendes urbaines
(suite sans fin).]

Pour le naufrage du Titanic, faut pas s’étonner si, parmi les victimes, mille cinq cent treize au dernier bilan, d’après les manuels scolaires, on parle jamais de la princesse Amen-Ra, parce qu’elle était déjà morte depuis un sacré bail, 1513 avant Jésus Christ justement, et comme personne l’avait déclarée à l’embarquement, juste sa momie planquée dans une malle par un Anglais de première classe, un trafiquant du British muséum je crois, même si c’était presque légal à l’époque de violer les sépultures antiques, juste pour l’histoire de l’art colonial, n’empêche, avec ce genre de passagère clandestine à bord, ça pouvait que porter la poisse à des gens innocents.

Le pseudo «syndrome de Stockholm», ça vient d’un fait divers tout con, fin août 1973, un évadé de fraîche date, Jan Erik Olsson il s’appelle, qui braque une agence du Crédit suédois, manque de bol, une patrouille de flics passait par là, du coup il se barricade à l’intérieur, avec trois employées et leur con de directeur, ensuite il demande qu’on libère Clark Olofsson, son ex-compagnon de cellule, marché conclu, et maintenant il sont six à passer la nuit dans la salle des coffres, quatre captifs en sursis et leur inséparables gardiens, Olsson & Olofsson, mais le lendemain matin, ces cons de flics menacent de donner l’assaut, alors ça crée des liens entre les assiégés, surtout que les otages, si jamais ça tire dans tous les coins, ils risquent une balle perdue chacun, alors la guichetière Kristin, elle propose de se sacrifier, que si on leur file une bagnole, elle servira de monnaie d’échange sur la banquette arrière, mais ça les autorités refusent et, après 48 heures de négociations, happy end et retour à la case départ pour les deux taulards, sauf qu’au moment du procès, inversion des rôles, plus personne pour témoigner à charge, les victimes envoient des lettres de soutien aux preneurs d’otage, en plus du fric qu’elles ont collecté pour payer l’avocat de la défense, et pire que ça, deux ans plus tard, paraît que la petite Kristin, la plus traumatisée des quatre, aurait épousé Olsson ou Olofsson, je sais plus trop lequel, mais entre les deux paraît que son cœur a longtemps balancé, et ce mariage tardif, comme c’était pas banal, les psychiatres ils lui ont donné un nom de maladie rare, «syndrome de Stockholm», en expliquant des trucs insensés sur la «psychose de survie» ou le «backslash empathique», alors que pas un seul de ces experts à la con ne s’est jamais demandé si la miss Kristin en question, elle n’était pas de mèche depuis le début, une sorte de troisième larron, sinon l’éminence grise de la bande, parce qu’avec une complice aussi bien placée, les hold-up ça marche à tous les coups, enfin presque.



12 décembre 2011
[Texticules et icôneries — Effaceur d'encres murales.]

Je suis l’arbre qui cache la forêt.



10 décembre 2011
[Souviens-moi — (suite sans fin).]

De ne pas oublier que, sortant de ce rêve où je parlais couramment italien et très mal le français, il m’a fallu plusieurs minutes d’un dialogue de sourds avec ma compagne pour m’apercevoir qu’en réalité c’est plutôt le contraire.

De ne pas oublier qu’au lendemain de sa mort, ma mère, ancienne agent dite « contractuelle » au CNRS, n’avait pas fini de payer le rachat de sa retraite de fonctionnaire et qu’il lui restait encore six mensualités pour avoir droit au taux plein.

De ne pas oublier que lors d’une adaptation théâtrale du Livre de l’Ecclésiaste, alors qu’un imperceptible décrescendo des projecteurs plongeait le comédien dans le trou noir de ses derniers mots – « tout n’est que buées et poussières de vent » –, j’ai dû être le premier à frapper dans mes mains, sitôt apostrophé par mon voisin – « Chut! » –, qui n’était autre que Claude Régy, le metteur en scène, soucieux que le public quitte la salle en silence, sans applaudissement final, ni bravo, ni aucune de ces vaines manifestations de contentement.

De ne pas oublier que lorsqu’une balle de ping-pong est légèrement enfoncée, il suffit de la plonger dans une casserole d’eau bouillante pour qu’elle retrouve sa rotondité initiale.

De ne pas oublier que le plus fauché d’entre nous, Jean-philippe, étudiant aux Beaux-arts, ayant refusé de payer l’addition sous prétexte qu’une sale petit bestiole gisait au fin fond de sa soupe thaïlandaise, n’en était pas à son coup d’essai, et qu’à la troisième blatte, mouche ou punaise échouant au creux de son assiette en moins d’un trimestre, on eut beau le charrier, vanner, mettre en boîte, il n’a jamais voulu avouer qu’il les collectionnait exprès, ses insectes nuisibles, pour bouffer à l’œil au resto.

De ne pas oublier qu’aux États-Unis 8% des personnes interrogées croient qu’Elvis Presley n’est pas décédé en août 77, soit vingt-quatre millions de fans persuadés que le King a fait le mort pour de faux et ressuscité ailleurs dans l’anonymat, et que, toujours aux USA, on compte exactement le même nombre d’athées, convaincus que Jésus, comme son père, n’ont jamais été que deux imposteurs parmi tant d’autres.

De ne pas oublier que, la semaine dernière, avachi devant l’écran, j’ai mis une demi-heure à m’apercevoir que ce DVD, j’en reconnaissais les scènes à mesure et qu’il m’avait d’ailleurs fait le même effet, de déjà vu, il y a des années de cela, mais comme de bien entendu, à force de rechercher la date de sa première sortie au cinéma, le titre du film vient à nouveau de m’échapper.



8 décembre 2011
[Texticules et icôneries — Trahison simultanée.]

Faux amis à la croisée des chemins.



6 décembre 2011
[Rumœurs à la chaîne
& légendes urbaines
(suite sans fin).]

Sûr qu’il a dû mourir depuis, sinon ça lui ferait presque 80 balais, 200 kilos sur une chaise roulante, et du côté cardio-vasculaire c’est pas viable à moyen terme, en plus des risques d’overdose à la cortisone, n’empêche les obsèques officielles, l’été 77, ça tenait pas debout, fallait voir la mise en scène, avec juste son mannequin en cire dans le cercueil, super réfrigéré pour pas que ça fonde à cause de la canicule, les rouflaquettes d’Elvis qui se décollaient, les sourcils aussi, tout postiche, non c’était total bidonné leur show, surtout que la semaine suivante, on sait qu’il a fait envoyer une rose rouge à sa dernière chérie, lui il s’était fait la malle deux heures avant la cérémonie, les fans ils ont tous vu l’hélico qui a décollé de l’hôpital, direct à l’aéroport, un billet payé cash par John Burrows, un de ses prête-noms habituels, et puis ni vu ni connu à Buenos Aires, pressé de disparaître le Presley parce qu’il était en dette avec les maffieux du Klan de la Fraternité, et que ça tournait mal, déjà un contrat sur sa tête s’il banquait pas un maximum, gros chantage, alors comme ni le FBI ni la CIA ont jamais voulu démentir les soupçons, déjà c’est louche, surtout qu’après le suicide d’Hitler dans son bunker, ils ont passé quinze ans à vérifier toutes les pistes pour voir si c’était pas du bluff, mais là justement, aucune enquête, rien, normal vu que c’est eux qui avaient organisé l’exfiltration en Argentine, comme pour Eichmann ou Barbi, même si a priori ça n’a pas grand-chose à voir, question méthode c’était idem, et ensuite, été 77, rappelez-vous, les dates concordent, le vieux rockabilly enterré vite fait, et top synchro ça passe direct au punk, la grosse arnaque média pour relancer le bizness, en fait le King, lui, ça l’arrangeait qu’on jette l’idole aux oubliettes, plus on le conchiait mieux il coupait les ponts, ça faisait diversion, du moment que ces petits branleurs british se cassaient la voix à gueuler No future, avec gros larsen pour les gogos, lui, le born again christian, il devait bien se marrer du fond de sa planque argentine, piscine chauffée et T-bone à volonté, en prêchant son petit credo façon gospel : Elvi’s not dead.



30 novembre 2011
[Texticules et icôneries — La dette dans le sac.]

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