Pour etre tenu au courant
de temps en temps


@ffinités





































































































































































































































































20 mai 2013
[Texticules & icôneries
Métonymie anatomique.]

Tête en l’air, tronc commun, platform shoes.



15 mai 2013
[Pseudo-dico, idiot & logique,
fragments d'un état provisoire.]

Parmi d’autres chantiers en cours, sur ce site, il y a ce petit opuscule : Pseudo Dico, idiot & logique, entamé en juin 2009 et qui s’épaissit peu à peu, sans souci d’aucune finitude.
Dans une brève préface, j’ai essayé de revenir sur le «pourquoi du comment» de ce projet :

«Jouer au Pendu à l’école, ça laisse des traces. La preuve, après quelques décennies d’études, d’examens, d’essais, d’ébauches, d’épreuves, de tentatives… j’y reviens, à mes marottes élémentaires. Pourquoi se priver du charme régressif ? Chacun ses tentations, moi c’est l’infantile qui me hante, l’énergie verbale en deçà des prudences mitigées de l’esprit de sérieux. Bas les masques, soyons bêtement éhontés, je vous présente mon projet de devinettes lexicales, un dictionnaire pour de faux. J’aurais préféré appeler ça Fictionnaire tout court, mais c’était déjà pris comme titre, par un farceur repenti des années 70, l’incertain Alain Finkielkraut, alors j’ai trouvé un ersatz commode, Pseudo-dico, pour le raccourci de la rime intérieure, si si, faut pas forcément chercher plus loin.
Seul défi minimal, commenter chaque mot par association d’idées, esprit de conflagration, étymologie intuitive, amalgame accidentel, contresens inopiné, déduction analogique, méprise significative, sinon par défaut mineur ou faute d’étourderie. Et surtout, lâcher la bride, perdre contrôle, laisser sortir les bouts d’énoncé à l’oreille, faire confiance aux courts-circuits intérieurs, aux paradoxes venus d’ailleurs. Projet impur et simple, trivial et mégalo. D’où son sous-titre –
idiot & logique – qui me revient de loin, l’éternel adolescent jamais lassé de singer les sapiences de l’homo academicus, avec force grimaces et effets de manches. […]
Bien sûr, j’aurais pu faire le tri au départ, chasser la blague facile, neutraliser le calembour dérisoire, ne garder que le meilleur du début à la fin. M’empêcher de faire tout à la fois le singe savant et l’analphabète de foire. Mais quand on vide son sac de vocabulaire, il vous passe de drôles de couacs par les méninges, et c’est souvent d’assez mauvais goût, entre autres foutaises et débilités. J’aurais pu me cacher derrière mon petit doigt d’auteur, mais l’idiotie a sa logique implacable.»

Pour se faire une idée du glossaire en question,
quelques entrées alphabétiques…
et leurs issues de secours.

ACHETEUR COMPULSIF : s’endette comptant, rembourse mécontent.

BARBARISME : saleté de mot impropre.

CRIMINEL DE BUREAU : monstre ni chaud ni froid.

DÉPRESSION : hibernation latente en dépit des normales saisonnières.

ÉLECTRON LIBRE : futur déchet radioactif.

FAYOT : né si vieux que premier de sa classe d’âge.

GRAIN DE BEAUTÉ : 1. signe de piste érotique; 2. point de suspension en braille.

HÉRITAGE : fausse commune.

INDIVIDU : singulier pluriel.

JET-SET : franglish, oisifs en apesanteur sociale, entre brunch dînatoire, dancefloor, after auroral, grasse matinée et sieste tardive (voir Jet lag vs Jet de pierre).

KAMA SUTRA : littérature à massage.

LAMBDA : archétype de l’être quelconque, tout à la fois compris et incompris dans la série alphabétique de ses semblables.

MÉTAPHORE : comme si comme ça (voir Echographie & Fausses semblances).

NOUS : 1. plein de personnes à égalité; 2. première personne de majesté.
obsolescence : si l’existence précède l’essence, l’inexistence aussitôt lui succède.

POTENCE : planche d’aucun salut.

QCM : acronyme improbable de Quota Cyclique Moyen ou Qui Coche Mieux ou Quelques Causes Molles ou Quand Combien Merci (et tant d’autres réponses à choix multiples).

RHUME : maladie incurablement bénigne.

SURMOI : auto-maton.

T.O.C : acronyme, effets indésirables de l’obsession sécuritaire (voir Gène & Tic).

VELLÉITAIRE : ressort de la volonté soumis à l’hypertension de plusieurs hypothèses incompatiblement préférables à la tentation de n’en rien faire.

ZÈBRE : premier code-barre à l’état naturel (voir Design & Biométrie).

Pour ceux désireux de feuilleter l’ouvrage ou de le lire in extenso, c’est ici.
Pour les autres projets de textes courts & en cours, c’est .



11 mai 2013
[Pub à contre-emploi
Non point d'argent.]

Fausse-banqueroute & feinte de non-recevoir.



4 mai 2013
[Démultiplication des stickers d’extrême-droite —
Propagande décomplexée & banalisation rampante.]

Si on s’intéresse aux autocollants qui fleurissent de-ci de-là sur le mobilier urbain, force est de constater la montée en puissance, depuis un an, de ceux colportant des messages phobiques : antiarabes, antisémites, antipédés, etc. Sans négliger le fait qu’à Paris, ces stickers-là ont fait des petits hors le périmètre habituel des quartiers bon chic bon genre (le XVème par exemple), pour se disséminer dans le Quartier Latin, puis rive droite, des Halles à la Bastille. Ça n’a l’air de rien, ou presque, juste un regain d’activisme des groupuscules d’extrême-droite, pour occuper le terrain ouvert par le « retoilettage » électoraliste du Front National. Et pourtant, ces signes adhésifs, en se fondant dans le décor, provoquent, sinon une adhésion massive, du moins un effet de banalisation qui intronise des expressions choc ou des blagues douteuses, bref de nouveaux idiomatismes qui font salement écho au désespoir social ambiant. D’ailleurs, c’est bien le but des « créatifs » fascistoïdes qui se cachent derrière les prête-noms d’une nébuleuse de mouvements fantoches, caresser la parano complotiste, le ressentiment haineux et la beaufitude  nationaliste dans le sens du poil.
Attention, il n’est pas question ici de jouer les Cassandre ni de prophétiser le retour imminent de la « bête immonde ». Comme on l’a vu récemment, lors de la mobilisation contre le droit au mariage pour les couples du même sexe, les franges d’ultra-droite demeurent quantités assez négligeables. Elles ont eu beau jouer au simulacre d’une contre-révolution populaire sur la place des Invalides – mansuétude des forces de l’ordre aidant – le remake du 6 février 34, au nom du « Printemps français » (c’est-à-dire ni arabe ni érable), n’a pas eu lieu. C’est sur un autre champ de bataille, sémantique, que leur offensive marque des points, au diapason de la droitisation des débats publics et, a contrario, d’une crise des valeurs d’émancipation collective.
Au vu de l’abject florilège ci-dessous, on objectera sans doute qu’il est abusif de faire l’amalgame entre les autocollants zemmouriens dénonçant « le racisme anti-blanc, riche et en bonne santé » et ceux de la bande à Soral & Dieudonné défendant la laïcité contre l’emprise du « mondialisme sioniste ». Soit, mais il est clair qu’aujourd’hui les vieux clivages de l’extrême-droite, entre tendance royaliste et bonapartiste, catho-intégriste et aryano-païenne, nationaliste-révolutionaire et poujado-libertarienne, annoncent moins une décomposition en cours qu’une arborescence dynamique qui ratisse large et fait se côtoyer dans les « Manifs pour tous » des néo-réacs de tous horizons, issus de familles politiques jusque-là incompatibles. Avec un sens du marketing viral sur le Net et du recyclage inversé des formules « gauchistes » qui sème la confusion et fait tache d’huile. Pour preuve, ce slogan rassembleur des groupies de la Rigide Bardot : « Première, deuxième, troisième génération… Nous sommes tous des enfants d’hétéros ! » qui permet aux faux-culs de l’homophobie d’instiller en douceur, sous leur détournement verbal, d’autres préjugés biologique & racialiste contre le « métissage » produit par le péril démographique de l’immigration.
Ultime scrupule, avant de céder la place à cette série de clichés écœurants – zoomés par mes soins ou empruntés sur le Net –, difficile de reproduire ces outils de propagande à l’identique sans risquer de leur faire une quelconque publicité, même involontaire. Du coup, via Photoshop, j’ai passé chacun de ces stickers au filtre d’une révélation négative. D’où, pour les visages figurant parfois dessus, un air de vampires qui leur sied à merveille.

Quant au dernier autocollant ci-dessous – photographié il y a quelques mois à Rome –, c’est l’exemple d’une contrefaçon néo-fasciste quasi parfaite.

On l’a laissé tel quel, dans son inquiétante familiarité, pour donner à voir le type de confusion qu’il cherche à semer au cœur de tout esprit critique.