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8 juillet 2011
[Allergie à l’air du temps —
Il y a deux ans à Montreuil,
flashback, flashball & cie…]

Il y a un peu moins de trois ans, face à la place du Marché de la Croix de Chavaux, en plein centre de Montreuil, une ancienne clinique privée en état de délabrement complet était occupée, réaménagée avec les moyens du bord et régulièrement ouverte au voisinage pour des braderies, permanence précarité, concerts, projections et débats. 
De l’extérieur, ça ressemblait à ça.

Il y a deux ans, à la fin du mois de juin, le squat de la Clinique était vidé manu militari, puis blindé de partout avec maître-chiens. Quelques jours plus tard, le 8 juillet 2009, un repas collectif dans la rue piétonne de Montreuil, suivi d’une petite ballade festive aboutissait à l’intervention policière disproportionnée sur le terre-plein de la place du Marché : flash-balls aussitôt braqués, tirs à volonté sur le petit attroupement, sans aucune sommation, ni respect des distances minimum ou des zones d’impact (comme l’ont démontré des rapports balistiques, une reconstitution sur place et des témoignages concordants). Et les cow-boys surarmés de la BAC visant sciemment les nuques, les épaules… faisaient pas moins de cinq blessés. Quant à l’ami Joachim Gatti, une balle en plein visage… éborgné à vie.

Aujourd’hui, à la place de la bâtisse démolie à la fin de l’été 2009, un terrain vague aux gravats savamment labourés pour empêcher toute installation d’un campement de Rroms ou d’autres sans-logis. Les herbes folles ayant peu à peu gagné tout l’espace, on contemple dans l’interstice des palissades ou à travers le grillage de l’entrée, un espace vert, dont nul ne pourra jouir avant longtemps, puisque ce genre de friche spéculative est interdite au public. Tout un symbole.

Dans les jours prochains, d’autres lieux occupées sont menacés d’expulsions. On peut se tenir au courant à cette source-là. Face à ces réappropriations collectives, l’équipe municipale de Dominique Voynet use d’un double langage permanent, entre compassion et stigmatisation, (on en déjà parlé longuement ici). Reste que cette duplicité politico-médiatique laisse les mains libres au Préfet du 93 pour mener son sale boulot d’expulseur des pauvres dont le seul tort consiste à s’être organisés eux-mêmes plutôt que de subir le quota et les cas par cas des listes d’attente .

Quant au tri sélectif que la Mairie de Montreuil tente d’opérer entre les habitants des squats dits «politiques» et les «vrais mal-logés», on ne peut que lui promettre un réveil difficile le jour où elle comprendra que ceux qui rénovent des maisons en revendiquant la «grève des loyers» ne sont pas des agitateurs extrémistes, parachutés hors sol, mais des jeunes chômeurs & précaires du coin qui en ont plus que ras la frange du gentil paternalisme de la gauche gestionnaire.

Il suffit de lever un peu la tête au-delà des seules échéances électorales pour s’apercevoir que les prochaines révoltes sociales, déjà amplement commencées en Grèce ou en Espagne, n’hésiteront pas faire la critique en acte des faux semblants du discours social-démocrate.