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10 juillet 2012
[Grève des loyers,  un journal mural  (suite)
L'expulsable en sursis du 1 de la rue de Chantilly
affiche sa détermination sur tous les fronts.]

Ça se passe dans le IXe arrondissement de Paris, à l’angle de la  rue Bellefond et de la rue de Chantilly. Des affichettes s’étendent sur le mur depuis plusieurs semaines, où l’occupant insolvable du rez-de-chaussée raconte par le menu son parcours, ses doutes et sa drôle de détermination. On en a déjà parlé ici même, l’info ayant été reprise et développée dans les Inrockuptibles, puis d’autres relais audiovisuels.

Pour résumer les épisodes précédents. Jérôme, «animateur radio» depuis plus de vingt ans, sous divers contrats plus ou moins précaires, et périodes de dépressions, a fini par se faire jeter d’un ultime CDI (dont le salaire était bouffé au deux tiers par son propriétaire) avant de décider qu’avec sa seule pension d’invalidité, eh ben, basta le cercle infernal de la survie, il refuserait désormais de payer son loyer.

D’où la menace d’expulsion qui lui pend au nez, plus que jamais, selon un compte à rebours dont il a réussi à inverser le cours, repoussant l’échéance dégressive au-delà de ses limites légales.

Outre sa mise en demeure… de ne pas demeurer sur place, sans gaz ni électricité, Jérôme a d’autres soucis à se faire, car dès que l’on sort du droit chemin d’un labeur sous-payé, à force de sacrifices & privations personnels, dès qu’on cesse de se soumettre aux variables d’ajustements inhumaines, qu’on veut se soustraire du bilan comptable officiel, on risque d’être jeté dehors par toutes les instituions, à découvert dans tous les sens du terme.

San oublier les vices de forme qui font passer les pauvres à travers les mailles du pseudo filet de protection sociale.

Alors, c’est déjà une sorte de victoire que d’oser afficher la honte sociale qui vous est faite, de s’en délivrer en usant de toute l’ironie du désespoir sur la voie publique.

Depuis début juillet, Jérôme a décidé d’élargir sa surface habitable en journée.

Et de demander le rattachement de son îlot de résistance aux paradis fiscaux de Grande-Bretagne.

L’huissier devrait bientôt repasser, il l’attend de pied ferme sur son seuil de pauvreté.

Avec en réserve, un autre front de lutte où il pourrait bien gagner sa contre-offensive, aux Prud’hommes de Paris, le 24 juillet prochain, à 13heures, pour toucher ce que lui doit son ancien employeur, et espérons-le de fortes indemnités, à la hauteur, non de son mérite, mais de sa puissance d’insoumission.

Et en guise d’épilogue provisoire, un dernier aphorisme qui dit les hauts et les bas de chaque combat.