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22 avril 2014
[Emplois fictifs & sommeil paradoxal,
une vraie-fausse conférence de yves pagès —
résumé, présentation et parcours en images.]

Après Pouvoir Point (un pseudo Power point joué une vingtaine de fois en compagnie de François Wastiaux et accessible en extraits ici-même), une nouvelle vraie-fausse conférence a vu le jour le 30 novembre 2013 au Théâtre du Rond-Point (et déjà reprise à la bibliothèque Faidherbe le 27 mars dernier).

À première vue, ça ressemble au cours magistral d’un ponte de médecine face à un amphi d’étudiants en première année. Le docteur Yvan Souad passe en revue quelques notions de psychophysiologie du travail à l’aide de cent trente-deux « diapos » illustratives projetées sur écran. En moins d’une heure, il va tenter d’épuiser son sujet  : l’évolution ergonomique du rapport au travail depuis l’homme préhistorique (l’âge de pierre) jusqu’au télé-vigile (l’âge du drone). Exercice de synthèse surhumaine qui, entre raccourcis abscons et obscures digressions, le conduira à démasquer les impostures du télétravail généralisé (la surveillance passive de tous par tous) avant de dévoiler l’apogée méconnue de la suractivité humaine : le sommeil paradoxal, cette phase qui associe paralysie musculaire et créativité onirique. Work in regress ou dream in progress ? Tant qu’à croire ce singe savant sur paroles, autant passer à l’acte. Ce sera l’objet d’une « expérience en cours », obligeant un spectateur assoupi (et pour cause) à subir l’ultime épreuve d’un QCM (Quadrature à Cobaye Moyen).

Même s’il est malaisé et frustrant de rendre compte d’un dispositif scénique en quelques extraits du texte et des images, on pourra se faire une petite idée de cette « contre-performance » sur cette page d’archyves que je viens de lui consacrer.

En attendant de la rejouer ici ou là, un simple déroulé de la moitié des visuels, sans voix-off ni carton explicatif, en donnera un copieux aperçu sous forme de diaporama « muet ».

Et pour commencer par le début, une fois évoquée la préhistoire, ça repose la question du travail dans l’Antiquité, puis l’époque féodale, etc.

À ce stade de la conférence, l’effort de synthèse a écrasé les spectateurs sous un déluge de datations et concepts plutôt bourratifs, et c’est alors qu’une parenthèse s’ouvre…
qui n’est pas prête de se refermer.

Et maintenant que cette «Histoire illustrée du tapis roulant» tire à sa fin, dans l’assistance, chacun est fin prêt à assister aux remises en cause du sacro-saint modèle du travail fordien…
pour le meilleur et pour le pire.

À force de sonder les mutations induites par le télétravail, la conférence vient de dévier de son cours (magistral) et de changer d’optique (à notre insu).
Ne reste plus aux spectateurs qu’à halluciner ensemble un faux-semblant d’épilogue…

Et pour les amateurs de mise en abîme brechtienne, à l’heure du salut, face à l’ultime visuel ci-dessous, le conférencier tentera une synthèse finale, sous forme de slogan, aussitôt repris en chœur par la salle entière :

CONTRE LES CADENCES INFERNALES/
SOMMEIL, SOMMEIL PARADOXAL!