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@ffinités





































































































































































































































































12 octobre 2015
[
Petit florilège d’affichisme mural,
à rebours de la grisaille automnale.]

Depuis que les esthètes pubards & autres créatifs dégriffés tiennent le haut de l’affiche, notre vie quotidienne a pris des allures de biennale d’art conceptuelle low-cost. Impossible d’y réchapper, puisqu’on est tous conviés d’office à parcourir leur musée de la récupération arty. Du matin au soir, nous voilà devenus citoyens-visiteurs de l’accrochage propagandiste de leur force de vente sur papier glacé : natures mortes marchandes, mots d’ordre citoyens et signes de piste culturels. Sitôt sorti de chez soi, on entre dans leur viseur, ciblé en plein dans le mille par leurs encarts XXL en surplomb ou leurs icôneries vitrifiées. Ready-fake consuméristes partout, et rien à foutre (ni pisser) de la non-valeur revendiquée de l’urinoir cher à Marcel Duchamp. Sauf qu’à force de se faire obstruer chaque ligne de fuite du paysage urbain, de subir racolage promotionnel et caméras de bienveillance, logo-business fétichisé et porno-fitness banalisé, ça prend la tête… en étau.
 Ça formate aussi notre regard selon un strabisme convergeant : entre le marteau de l’achat compulsif et l’enclume du crédit-revolving.
Du coup, au moindre espace en friche, il suffit d’emprunter tel passage dérobé, de s’aventurer au-delà d’une palissade de chantier, de bifurquer in extremis pour pousser un peu plus loin la curiosité. Et lorgner du côté des imageries iconoclastes, des posters encollés de traviole, des incitations au farniente visuel. Juste le temps de se reposer les yeux, hors champ… Même si les décolleurs municipaux arrachent avec zèle tout ce qui ressemblerait de près ou de loin sur les murs à la trace imprimée d’un acte gratuit.
Histoire de partager mes trouvailles récentes, ci-dessous, un rapide panorama de quelques posters hors normes photographiés par mes soins ou glanés sur le Net, à mi-chemin de l’attentat poétique, du coup de gueule & de l’ironie contondante mais sans œillères militantes ni carriérisme égotiste. Aux limites fluctuantes d’une tradition graphique subversive initiée par les activistes du pochoir ou de la sérigraphie sauvages. Quand le dégoût des clichés omniprésents et les fautes de goût préméditées réussissent à faire tache au milieu du consensus ambiant.


D’autres affiches collectées en avril dernier ici ou Pour le diaporama complet, on cliquera dans ce coin-là.