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6 mai 2019
[Pseudo-Dico, idiot & logique –
Extraits d’un abécédaire en cours.]

Parmi d’autres chantiers textuels, il y a ce petit opuscule : Pseudo-Dico, idiot & logique, qui s’épaissit au fur à mesure, sans régularité ni but précis, juste me sortir de la tête cette manie précoce : mettre chaque mot en porte-à-faux, le faire dévier de sa définition routinière pour le trahir au pied de la lettre ou l’exposer à ses dépens cul par-dessus tête.


Dans sa «pseudo-intro», j’ai essayé de revenir sur le «Comment du pourquoi » de ce projet qui hésite entre le goût du fautif et la faute de goût.

« […] Seul défi minimal, commenter chaque mot par association d’idées, esprit de conflagration, étymologie intuitive, amalgame accidentel, contresens inopiné, déduction analogique, méprise significative, sinon par défaut mineur ou faute d’étourderie. Et surtout, lâcher la bride, perdre contrôle, laisser sortir les bouts d’énoncé à l’oreille, faire confiance aux courts-circuits intérieurs, aux paradoxes venus d’ailleurs. Projet impur et simple, trivial et mégalo. D’où son sous-titre – idiot & logique – qui me revient de loin, l’éternel adolescent jamais lassé de singer les sapiences de l’homo academicus, avec force grimaces et effets de manches. […]
Mon principe de base: mettre en relief des hiatus poétiques. J’ai dû croiser cette drôle d’intuition entre 15 et 16 ans, à force de dévorer du Nietzsche en n’y comprenant qu’une ligne sur trois, puis en laissant décanter ma lecture d’alors. Et j’y suis encore fidèle, à ma façon bâtarde. Une fois détrôné le surmoi littéraire, tout redevient permis: métaphores bancales, alexandrins boiteux, citation détournée, faux amis volontaires, coq-à-l’âne ou amalgame abusifs. Ça passe ou ça lasse, peu importe.
Bien sûr,  j’aurais pu faire le tri au départ, chasser la blague facile, neutraliser le calembour dérisoire, ne garder que le meilleur du début à la fin. Mais quand on vide son sac de vocabulaire, il vous passe de drôles de couacs par les méninges, et c’est souvent d’assez mauvais goût, entre autres foutaises et débilités. J’aurais pu me cacher derrière mon petit doigt d’auteur, mais l’idiotie a sa logique implacable.»

On pourra feuilleter le glossaire entier, c’est ici même.

Sinon, pour se faire une vague idée de ces words in regress,
un bref aperçu de leur définition alternative ci-dessous.

AVC : rupture de la chaîne du moi.

BLA-BLA-BLA : polyphonie morse.

CADAVRE : zéro déchet à part soi-même.

DIGRESSION : thèse, antithèse, parenthèse.

ÉVANOUISSEMENT : entrée par effraction intérieure dans le hors champ des réalités communes.

FACE-BOOK : affichage sériel d’amitiés si peu particulières (voir Look-émissaire & Anthropométrie).

GRAIN DE BEAUTÉ : signe de piste érotique ; point de suspension en braille.

HOLD-UP : franglish, retour à la caisse départ.

IMPUISSANCE MASCULINE : bas-latin, coïto ego scum.

JEMENFOUTISTE : indécis heureux.

KAMA SUTRA : littérature à massages.

LECTEUR : évadé de l’intérieur parti se captiver ailleurs.

MENDIGOT : ancien. Mendigoth, peuplade barbaresque vaincue puis reniée par ses cousins germains Wisigoths et Ostrogoths.

NEURASTHÉNIE : « Tout ce qui ne te tue pas te rend plus mort », graffiti nietzschéen apocryphe, aperçu à Turin le 25 août 2000, sans doute pour célébrer le centième anniversaire de la mort du susdit philosophe.

ODYSSÉE : Ulysse en Personne qui revient au même.

PARANOÏA (stade critique de la) : toutes les news sont fake, mais c’est une fake news qui le dit.

QUARANTAINE : psycho. maritime, sas d’isolement sanitaire avant la cinquantaine.

REGRET : passe-temps pour morts-vivants

SÉNILITÉ : tête dans le ressac.

TESTAMENT : phrases terminales (Cf. Legs it be, reprise posthume d’un standard des Beatles).

VEGAN : espèce d’anti-spéciste.

ZEUGMA : esprit de synthèse, de famille, d’escalier et d’autres circonstances dépareillées.