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9 novembre 2010
[Arts muraux — Dans le dédale napolitain.]

Naples est peut-être la dernière ville européenne a n’avoir pas chassé tous les pauvres de son centre historique. La gentrification urbaine n’y a pas encore dépavé les ruelles, décroché le linge des balcons, balisé les rodéos collectifs en scooter (à parfois cinq par engin), interdit la pyrotechnie amateur des bambins du quartier, empêché les familles trop nombreuses de dîner sur leur pas de porte, privatisé les cours avec des digicodes et blanchi les façades au kärcher. Du coup chaque pan de mur témoigne d’une incroyable densité de graffitis en tous genres dont la voisine Pompeï a initié la tradition de longue date. Et ce qui frappe dans ces tags, c’est qu’ils viennent de tous horizons : slogans politiques jamais effacés ou très récents, grafs géants multicolores, pochoirs ou sérigraphies pirates, signatures de supporters de foot et déclarations d’amour XXL… comme autant de signes de piste concurrents, contigus ou confraternels d’un corps social à fleur de peau. Aucun ghetto arty à l’horizon pour ceux qui voudraient cantonner le street art dans son Parc à thème, mais un lieu d’expression sauvage qui n’a pas dit son dernier mot. Et là-bas, contrairement au triste décor parisien ripoliné de fond en comble, écrire, afficher, dessiner à l’improviste et à l’air libre, ça tombe sous le sens au moindre coin de rue.
Comme on dit en rital :

Murs propres, peuples muets.

Quelques traces sens dessus dessous,
saisies au vol en juillet dernier.

D’autres photos in situ, à Istanbul, Genève, Lyon ou Paris…
sur cette page dédiée aux arts muraux…