Pour etre tenu au courant
de temps en temps


@ffinités





































































































































































































































































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2 décembre 2013
[Images arrêtées & idées fixes
Décollations, nouvelle collection.]

Ne plus en faire qu’à sa tête.



27 novembre 2013
[Abolition, pénalisation et prostitution
De quelle émancipation parle-t-on ?]

Alors que, sous la pression des abolitionnistes de tous bords, une nouvelle proposition de loi entend «responsabiliser» les clients des prostituéEs et «renforcer la protection des victimes de la traite des êtres humains et du proxénétisme», on a juste envie de rappeler quelques évidences élémentaires. D’abord ce projet de loi supprime le délit de « racolage passif » instauré par le ministre de l’Intérieur Nicolas S. en 2003… et c’est tant mieux. Mais n’oublions pas que ce pseudo-délit n’était que l’arme ultime d’une large panoplie répressive qui n’a cessé d’accentuer la pression sur la prostitution de rue depuis plusieurs décennies.
Une victoire très limitée, et au goût amer, puisqu’elle est accompagnée d’autres mesures en trompe l’œil : l’octroi d’une autorisation de séjour de six mois (renouvelable ou non, rien n’est encore tranché sur ce point qui fera l’objet d’une bataille d’amendements) pour les personnes s’engageant à cesser leurs activités sexuelles tarifées ou de six à dix-huit mois (bref, jusqu’à la fin de la procédure judiciaire) pour les personnes consentant à dénoncer leur proxénète ou le réseau maffieux les soumettant à ce racket. En l’occurrence, il ne s’agit que d’un léger élargissement/assouplissement des mesures en vigueur touchant à l’obtention du «droit au séjour» des prostituéEs étrangères. Certaines dispositions de 2003 avaient déjà ouvert cette porte étroite, on ne fait qu’y ajouter un «parcours de réinsertion» et augmenter le délai de maintien légal sur le territoire en cas de dénonciation de leur employeur illicite. Reste que ces bonnes intentions humanitaires ne font pas le poids, comme l’a rappelé récemment Eric Fassin dans Libération, face aux impératifs comptables de la traque aux immigréEs clandestinEs. De fait, l’année dernière, moins d’une cinquantaine de filles ayant accepté de témoigner contre leurs protecteurs & bourreaux ont bénéficié d’une régularisation provisoire. Gouttes d’eau dans un océan de clandestinité soumis au grand siphon sécuritaire.
Reste le dernier aspect de cette loi – objet de toutes les fascinations/répulsions médiatiques puisque ça fait vendre du papier –, la pénalisation des clients censée les «responsabiliser» sous peine d’amende (1500 euros, doublée en cas récidive) et/ou d’une sanction complémentaire (un «stage de sensibilisation à la lutte contre l’achat d’actes sexuels»). Ce serait, là encore dans un souci dissuasif et pédagogique qu’on tenterait de tarir à la source la «marchandisation des corps». Soit. Mais outre le fait que la police a bien d’autres chats à fouetter ( et en priorité son quota de sans papiers à contrôler au faciès, à enfermer en Centre Administratif de Rétention et reconduire à la frontière), les prostituéEs évoquent à juste titre le risque que cette menace permanente du flagrant délit déplacé sure les clients oblige les prostituéEs à plus de discrétion, c’est-à-dire les refoule dans des zones d’invisibilité (ces sous-bois très au-delà des périphériques ou ces salons de massage sous la coupe encore plus réglée de leurs souteneurs), bref que cette mesure aggrave et leur situation sanitaire et leur dépendance.
Il n’est pourtant pas question, ici, d’adhérer aux pétitions des beaufs ultralibéraux du magazine Causeur qui, eux, proclament, en cette matière charnelle comme en tant d’autres, que le client est roi («Touche pas à ma pute !», intiment-ils en accolant un pronom possessif à leur complément d’objet libidinal…). Pour contester cet article de la loi, il suffit d’y confronter les motifs officiels invoqués aux effets pervers induits par son application. Distinguo qui sépare des préjugés moraux désincarnés d’une critique des conditions d’existence réelles.  Et ce ne serait pas la première fois qu’on assisterait, sous un pouvoir de gauche comme de droite, à ce travers rhétorique : un motif de compassion qui accentue la stigmatisation. C’est même, semble-t-il, une tarte à la crème de la dépolitisation contemporaine, ce discours victimaire qui, faute de donner jamais la paroles aux réprouvéEs, aux sous-payéEs, aux déboutéEs et aux radiéEs de toutes sortes, les transforment en moyenne statistique, en cas de figure abstrait, en Altérité théologique, en objet moral réifié, dont l’exemple spectral devra, au gré de tel ou tel fait divers, faire soit peur soit pitié.
Rappelons, en outre, que ces textes législatifs qui, sous prétexte de prohiber, abolir, éradiquer des pratiques massives, tendent à criminaliser des pans entiers de la population (en l’occurrence, un homme sur quatre de plus 50 ans a déjà eu recours à unE prostituéE), consistent, comme dans le cas de la pénalisation de Cannabis ou de la libre circulation des fichiers numériques, à rendre n’importe qui délictueux en sursis, et donc à renforcer la plus arbitraire des répressions sélectives.
Quant aux belles âmes Anne Hidalgo, Dominique Voynet ou Najat Vallaud-Belkacem, infatigables défenderesses d’une position abolitionniste, inutile de leur rappeler que nombre de prostituéEs se battent et manifestent contre leur projet de loi. À leurs yeux, il ne s’agit là que d’une minorité de «traditionnelles» (15% d’après on ne sait quel rapport officiel) et donc si peu représentatives d’un «système de traite» à grande échelle dont sont victimes leurs consœurs (puisqu’il n’est jamais question dans leur bouches des étudiants & précaires vendant leur charme de façon occasionnelle ou contre de menus avantages festifs ou alimentaires).
Ironie du sort, cet argument prouve a contrario combien ces bonnes consciences de gauche, à force de leçon de tolérance et de chantages émotifs, ne savent plus poser les questions de société en terme politique. Pour s’interroger à meilleur escient, il leur faudrait d’abord chercher du côté de la mémoire collective des luttes de prostituéEs qui en 1975 surent sortir de l’ombre, occuper des églises, à Paris, Lyon ou Grenoble, et organiser des Etats-Généraux de la prostitution et qui, par la force même de leur mouvement, ont conquis par centaines leur autonomie existentielle, parvenant ainsi à débarrasser leur tapin de l’emprise du Milieu. Alors, bien sûr, cette génération-là arrive aujourd’hui aux confins de l’âge de la retraite (tout en bas du minimum vieillesse) ou de la mort naturelle. Mais s’il est une leçon libératrice à en tirer c’est que… l’émancipation des putains ne sera jamais que l’œuvre des putains elles-mêmes. Quelle que soit la forme (provisoire, intermittente ou définitive) de cette émancipation, hors le commerce charnel ou pas. D’autant que cette brèche politique renvoie en miroir à la société tout entière l’image de ses propres fêlures, comme le rappelait ce matin à la radio, Chloé, une dame du bois de Vincennes, préférant son propre labeur à celui des cohortes d’agents du nettoyage qui prennent le métro aux aurores pour un salaire de misère. Exploitation éhontée et «dissociation» intime de l’âme et du corps ne sont pas l’apanage des seules catins… Le reste n’est que préchi-précha dans le désert et credo maternaliste.

C’est en soulevant ces problèmes, en mettant le doigt sur ces plaies sociales ouvertes que les activistes du trottoir — qui ont défilé de la place Clichy à la Porte Saint-Denis le 26 octobre dernier — remettent au goût du jour l’idée d’une émancipation complexe, fragile, ambivalente, mais plus combattive que jamais. Et contrairement aux prédictions des esprits chagrins, cela faisait tout de même plaisir de compter au sein de ce cortège d’un bon millier de personnes nombre de jeunes prostituées chinoises sous leur masque d’emprunt.

Pour preuve ces photos prises par le «fils de pute» Igor Schimek, l’aîné des enfants de Grisélidis Réal, une écrivain & courtisane qui a beaucoup milité de son vivant pour dépasser le faux clivage de la prostitution subie ou choisie par un refus de la victimisation culpabilisatrice au profit d’une interrogation révolutionnaire sur toutes nos aliénations sexuelles et salariées.



26 novembre 2013
[Images arrêtées & idées fixes —
Concours de circonstances accidentelles.]

Sortir des sentiers battus.



18 novembre 2013
[Images arrêtées & idées fixes
Contre l’esseulement hivernal.]

Réapprendre à bouger ensemble.



30 octobre 2013
[Images arrêtées & idées fixes
Incitation à l’ubiquité urbaine.]

À partir d’ici, vous êtes aussi bien là.



21 octobre 2013
[Le Street Art dans tous ses états —
Patchwork automnal
d'affichisme mural.]

Aujourd’hui, c’est la pub qui tient le haut de l’affiche, avec ses encarts XXL en surplomb et autres réclames vitrifiées encombrant les trottoirs. Autant se rendre à l’évidence, on est cernés par les Beaux-Arts de la propagande : natures mortes marchandes, mots d’ordre citoyens et signes de piste culturels. Sitôt qu’on sort de chez soi, on entre dans leur ligne de mire, ciblé en plein dans le mille. Et à force de se faire obstruer chaque perspective du paysage urbain, entre racolage promotionnel et caméras de bienveillance, ça prend la tête… en étau.
Du coup, au moindre espace en friche, il suffit d’emprunter tel passage dérobé, de s’aventurer au-delà d’une palissade de chantier, de bifurquer in extremis, pour pousser un peu plus loin la curiosité. Et lorgner du côté des imageries iconoclastes, des posters encollés de traviole, des incitations au farniente visuel. Juste le temps de se reposer les yeux, hors champ…
Histoire de partager mes trouvailles récentes, ci-dessous, un rapide panorama de quelques posters hors normes photographies par mes soins ou glanés au-delà des frontières, sur le Net, à mi-chemin du ready-made loufoque & de l’attentat poétique, du coup de gueule & de l’ironie contondante mais sans œillères militantes ni égotisme arty. Aux limites fluctuantes d’une tradition subversive affichée et du détournement verbal des activistes du pochoir sur papier & autres sérigraphies. À ces rares occasions où, entre des sensibilités disparates, parfois incompatibles, ça se met à coller vraiment.



D’autres affiches collectées en avril dernier ici ou .
Pour le diaporama complet, on cliquera dans ce coin-là.



14 octobre 2013
[Images arrêtées & idées fixes
Jeu de l’Oie grandeur nature.]

Signes de piste, choix sans issue.



10 octobre 2013
[Enfin brefs, un recueil de microfictions
d’auteurs contemporains ou morts de longue date,
collectifs ou sous pseudo, par ouï-dire ou inexistants.]

L’envie de composer un recueil de formes brèves – qui m’était venue, il y a quelques années, chez Verticales – a migré ici, pour contourner l’épineux problème du droit de «citation partielle» des auteurs décédés il y a moins de 70 ans et a fortiori des vivants. Précisons d’emblée la nature du projet : distinguer parmi toutes sortes de textes courts ceux qui auraient à voir avec du récit, non pas le roman ni la nouvelle, mais tous les états – naissants, inaboutis, lacunaires, poreux, écourtés exprès ou gâchés d’avance – du pré-narratif. Et d’un seul coup, les neuf dixièmes des écrits fragmentaires s’excluent du corpus – de la maxime sentencieuse à la micro-notation intime en passant par le commentaire critique –, non par manque d’intérêt, juste pour s’en tenir à notre quête initiale : l’ébauche d’une fiction, encore embryonnaire ou interrompue avant terme, peu importe, du moment que ça commence à raconter l’ombre du soupçon d’une trace d’une situation quelconque ou à esquisser la silhouette de quelque personnage.
Vaste programme… minimaliste.

Au sommaire de cette compilation de micro-récits, on compte déjà plusieurs dizaines d’auteurs morts ou vifs : Max Aub, Roland Barthes, René Belletto, Thomas Bernhard, Pierre Bettencourt, Ambrose Bierce, Jorge Luis Borges, Henri Calet, Elias Canetti, Lewis Carroll, Chaval, Marcel Cohen, Julio Cortazar, Diogène, roland Dubillard, Marcel Duchamp, Félix Fénéon, F. Scott Fitzgerald, Gustave Flaubert, Max Frish, Carlo Emilio Gadda, Dora Garcia, Jean Genet, Ramon Gomez de la Serna, Jean-Marie gourio, Héraclite, Régis Jauffret, Franz Kafka, Hervé Laroche, Hervé Le Tellier, Édouard Levé, Georg C. Lichtenberg, Raymonde Linossier, Pierre Louÿs, René Magritte, Marcel Mariën, M. V. Martial, Loys Masson, Harry Mathews, Henri Michaux, Augusto Monterroso, Ito Naga, Paul Nougé, Istvan Örkeny, Yves Pagès, Georges Perec, Benjamin Péret & Paul Éluard, Georges Perros, Raymond Queneau, Grisélidis Réal, Érik Satie, Jane Sautière, Louis Scutenaire, Pierre Senges, Sei Shônagon, Stendhal, Jacques Sternberg, Jean Tardieu, Gianni Toti, Antoine Volodine, Gabrielle Wittkop, Fabienne Yvert.

On compte aussi par mal d’écrits minuscules, légendes durables & propos rapportés de quelque génie collectif & d’autres mains anonymes : Augures nocturnes, Billets de change, Bottin des filles de joie, Comptines, Diaporama psychométrique, Avis de disparition, Décompte des hivers (peuple sioux), Errata, Témoignages de femmes battues, Faits divers à contre-emploi, Graffiti de chiottes, Haïkus érotiques, Horoscopes, Impostures prophétiques (arabo-persanes), Lapsus, Légendes urbaines, Livres d’or, Messages personnels (BBC), Confidences de soldats (Front russe), ex-Petites annonces de Libération, Proverbes exotiques, Rêves prémonitoires, Inscriptions murales (Sorbonne 68), Stencils au pochoir, Spams, Vœux pieux, Procès-verbaux de migrants.

[Le recueil des Enfin Brefs ne cessant
de s'enrichir au fil du temps,
on en trouvera la somme provisoire
à feuilleter ou télécharger ici même.]

Pour les mordus de blind test, ou, à l’inverse, pour la amateurs de lecture transversale, hors surmoi littéraire & étiquetage référentiel, quelques extraits du recueil sélectionnés dans un savant désordre, sens dessus dessous et sans aucune mention d’auteur. Bien évidemment nous avons choisi quelques cas de figure exemplaires parmi les plus concis, faute de place.

Je l’ai d’abord tué en rêve, ensuite je n’ai pu m’empêcher de le faire vraiment. C’était inévitable.

Il a commencé à rédiger ses lettres d’adieu. Il prévoit d’y consacrer quelques années.

Je suis né sans laisser d’adresse.

FIANCÉE n. f. : Jeune personne qui a une belle perspective de bonheur derrière elle.

Si je ne suis que différences, seul face au mur, est-ce encore de moi qu’il s’agit.

Descartes rapporte que les singes pourraient parler s’ils le voulaient mais qu’ils ont décidé de garder le silence pour qu’on ne les oblige pas à travailler.

Nos lecteurs veulent bien prendre note qu’une faute de frappe s’est produite dans l’astrologie du vendredi 19 mars. Pour le signe du Lion, il aurait fallu lire: «Évitez de perdre votre temps avec des gens qui ne sont bons qu’à le tuer.», et non à «les tuer».

Tombant de l’échafaudage en même temps que le maçon Dury, de Marseille, une pierre lui broya le crâne.

Dans la rue, un homme qui porte sous le bras un tableau représentant le ciel rencontre un homme qui porte sous le bras un tableau représentant la forêt.

Contre quoi n’êtes-vous pas assuré?

Sous une pluie de bombes, un moraliste sauva sa femme, ses enfants, les fauteuils du salon et l’horloge à coucou.

Sauf que moi, j’ai toujours habité en fille.

Persuader une personne qu’en réalité elle est morte

L’enfant est de vous
mais voulez-vous vraiment
que je le mène à terme?

Je voudrais bien connaître le titre du dernier livre qui sera imprimé.

Une violoncelliste de vingt-quatre ans est assise, nue, les jambes écartées sur un tabouret dans sa chambre, à Manille: sa main gauche retrousse les plis de sa vulve tandis que sa main droite, dans un trémolo effréné fait glisser un archet sur son clitoris.

J’aimerais vivre vieux mais parfois non

«Docteur, je ne sais pas ce que j’ai, je vois souvent rouler au loin des tours noires.» Or, au fond de l’œil, un escargot lentement glissait. Au patient, inquiet, que dit alors l’oculiste?

L’ennemi a troué ma chemise et mon dos aussi. Ma mère aura pitié du dos, mais elle regrettera davantage la chemise.

Pourquoi, me dira-t-elle, n’as-tu pas enlevé ta chemise avant d’être blessé?

Je sais que dans un zoo anglais, un requin est mort paniqué par le plongeon d’un type dans son bassin.

TRAVELO. Du boulot pour un travelo. Vraiment désespéré, travelo, 25 ans, cherche travail femme de ménage ou autre à Marseille. Vêtu en femme avec ou sans barbe et sans nichons, suivant l’époque.

Il criait «Dieu est mort» en se bouchant les oreilles.

WALTER — Jeune homme suisse-allemand, très gentil, voyage beaucoup, travaille dans les produits désinfectants – queue qui ne se retrousse pas – sucer, baise, 80 Frs.

Une fois, il n’y eut pas de fée, ni d’enchanteur, ni de fille de roi sauvée par un beau prince.

Je fais la cuisine au restaurant le Royal-Drancy. Là-bas, on ne me donne pas de salaire, mais je suis nourrie.

Cinquante personnes manifestent sans objet avec des panneaux et des banderoles sur lesquels rien n’est écrit.

Silencieux, ils marchent sur les trottoirs. La manifestation est filmée jusqu’à sa neutralisation par les forces de l’ordre.

La situation étant donnée, je crois que je choisirais le couvent.

Il avait un tel souci de ne pas causer de dérangement qu’il referma la fenêtre derrière lui, après s’être jeté dans le vide du haut du sixième étage.

J’ai revendu les 3 dents de mon père en or

Les hommes éveillés n’ont qu’un monde, mais les hommes endormis ont chacun leur monde.

Il y a dans mon appartement une porte que je n’avais pas remarquée jusqu’à aujourd’hui.

Je m’appelle Érik Satie, comme tout le monde.



7 octobre 2013
[Images arrêtées & idées fixes
Métonymie anatomique (3).]



Tristes clones en pièces détachées.



2 octobre 2013
[Prophéties horoscopiques &
autres conseils devinatoires
sans prendre les messies
pour des lanternes.]

BÉLIER
L’indécision vous bloque, et ce n’est pas votre faute si les oracles des cieux demeurent impénétrables. Gardez-vous de trancher en quelque matière, de préférer tel ou telle partenaire. Acceptez et le ying et le yang, laissez-vous bercer par les courants contraires en spectateur obéissant. Patience, les transits de Mars vous redonneront bientôt l’initiative. Entre-temps, profitez-en pour opiner et démentir, tâter du pour et du contre, sans céder surtout à une conclusion précipitée.

TAUREAU
Vous avez commis l’irréparable – fumé une cigarette après 5 ans d’abstinence, cassé les lunettes de votre enfant d’un revers de main, tutoyé agressivement un gardien de la paix ou perpétré un braquage sous un masque d’emprunt. Déjà les remords vous assiègent. Chassez ce flux négatif de votre esprit. Et s’il vous reste un doute, n’y voyez que l’emprise ombrageuse d’un mauvais emplacement lunaire.

GÉMAUX
C’est le moment ou jamais de tenter votre chance au bandit manchot, à la roulette, au poker ou au Black Jack. Et n’oubliez pas de remplir votre grille de Loto, ni de miser le maximum au PMU sur les bourrins les moins cotés du lot. Tous les jeux de hasard vous souriront. Bonne fortune qui ne se reproduira pas avant le prochaine année bissextile. Alors faites-vous confiance aveuglément. Sauf en amour, déveine assurée.

CANCER
Attention aux allergies. Big Bang négatif quelque que soit l’ascendant. Mauvais signe sur toutes la ligne. Agoraphobie, claustrophobie, autophobie.

LION
Votre ménage bat de l’aile, rompez les amarres, coupez les ponts, jouez avec le feu, brûlez les vaisseaux et, grâce aux influences mitoyennes de Vénus et de Mars, fiez-vous à la première rencontre aventureuse qui saura vous mettre le cœur en émoi, fût-ce avec un(e) professionnel(le) tarifé(e). Ne ratez pas cette bonne passe, convolez en adultère, c’est l’agencement planétaire idéal pour atteindre le septième ciel.

VIERGE
Si vous êtes insulino-dépendant, mis à pied pour faute lourde, endetté sous curatelle, rattrapé par quelque arriéré fiscal, chômeur radié d’office, complexé d’œdipe ou de Peter Pan, en soin palliatif ou en fin de droits, dans la phase actuelle, l’état désastreux de votre thème semble stationnaire. Rien de nouveau sous le soleil.

BALANCE
Vous voilà tel qu’en vous-même – morose chronique ou gai-luron, râleur impénitent ou imbécile heureux –, aucun souci, la chose va perdurer à l’identique. Tout vous est étal, ni mieux ni pire, une semaine sans surprise, à l’image des précédentes, et ça ne risque pas de changer d’orbite avant le prochain solstice.

SCORPION
Depuis peu, chaque propos se retourne à vos dépends, et cela durera tant que Saturne n’aura pas quitté son aspect dysharmonique. Alors évitez les remarques déplacées, les jugements hâtifs, les déclarations intempestives, les arguties douteuses, les digressions indigestes. Bref, cédez la parole, taisez-vous. Et observez l’effet que cette humeur mutique ne manquera pas de produire sur votre entourage. Pour les silencieux de naissance, laissez vous aller à votre discrétion habituelle.

SAGITTAIRE
Arrêtez d’économiser votre talent, cessez d’épargner votre capital sympathie. Dépensez-vous sans compter. Si vous avez un compte d’épargne bien rempli, shopping à volonté. Si vous êtes interdit bancaire, vous avez encore le pouvoir de vous racheter. Acceptez un emploi bénévole. Rendez service à autrui.

CAPRICORNE
Même si la situation de votre couple est dans une phase moins critique, même si votre compte bancaire est sorti du rouge, même si une promesse d’augmentation se profile à l’horizon, ce n’est pas le moment de fonder un foyer, ni d’interrompre votre grossesse, ni de changer d’orientation sexuelle. Suspendez toute velléité d’agir en attendant que Jupiter sorte de son éclipse subliminale.

VERSEAU
Ne ratez pas votre heure. Concorde zénithale sur la cadran. Ici et maintenant. Hic et nunc, dirait Nostradamus. Vous avez rendez-vous avec votre seconde nature.

POISSON
Une pluie de météorites est annoncée, autrement dit, du sang, de la sueur ou des larmes. Pour les natifs du première décan, vous tomberez de si haut qu’une semaine entière ne suffira pas à épancher vos pleurs. Pour les autres : fausses couches fréquentes, accidents cardio-vasculaires, hémorragies cérébrales et ulcères de l’estomac. Mais pas de panique. Il suffit d’anticiper cette zone de turbulence stellaire, plutôt que de la subir. Mieux vaut prévenir que mourir. Alors un seul moyen : faites-vous mettre en arrêt maladie dès à présent. Sous n’importe quel prétexte.




29 septembre 2013
[Images arrêtées & idées fixes
Zone de perplexité comateuse.]

Suis-je encore ici-bas ? ou peut-être au-delà ?

Et pour passer en revue
d’autres images du même cru,
tout le vrac en continu
sur le
diaporama 2013.



17 septembre 2013
[Le Street Art dans tous ses états
Les stickers «Adages Adhésifs»
intervention en milieu urbain.]

Avec l’ami graphiste & plasticien Philippe Bretelle, on a conçu une vingtaine d’autocollants, de dix centimètres sur quinze, en noir sur blanc… et réciproquement. On a appelé ça «Adages adhésifs», par goût de l’euphonie dadaïste. Avec juste trois quatre cinq mots maximum dessus, et pas mal de sous-entendus en suspens, puisque ces bribes de phrases n’attendent que ça, se glisser discrètement dans le décor urbain, pour y semer la discorde ou générer d’infimes lignes de fuite.

Ces messages subliminaux n’ont rien à promouvoir, aucun blaze à mettre en relief, ni logo à populariser. Ils ne prennent leur sens qu’in situ, en plein air (de rien), au moindre recoin de la rue, n’importe où mais pas n’importe comment, pour que ça colle vraiment entre brève de style et fragment de réalité. Histoire d’en foutre partout où ça nous plaît, d’inventer de petites légendes à la vie quotidienne, de la sous-titrer pour de faux, de lui trouver des raccourcis scotchants et de délimiter par-ci par-là des zones de polysémie clandestine, des lapsus visuels, bref, très littéralement des lieux-dits.
Alors, pour donner le mauvais exemple, ci-dessous, quelques photos de ces bribes d’aphorismes & autres parasites verbaux pris en flagrant délit de dégradation de l’espace publique.

Pour suivre à la trace la dissémination urbaine de ces stickers, on avait déjà donné un échantillon de photos ici et .Certains s’en sont fait l’écho en bien.
Quant au diaporama complet, c’est ici même.



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