Yves Pagès – Slogans, bombages, tracts, affichettes, autant d’actes de langage qui n’ont pas bonne presse : langue de bois sectaire et baratin contre-plaqué. Derrière ces préjugés, il y a le rictus méprisant des uns, le défaitisme ordinaire des autres, du quant-à-soi agoraphobe et les cynismes conformes à l’air du temps qui tous valorisent cette posture apolitique. Reste que les neuf dixièmes des agitations textuelles ou verbales sont assommantes ou illisibles, parce que fossilisées en leur routine syndicale ou des phraséologies désincarnées (à la gauche de la gauche y compris). Mais si parrains humanitaires et pétitionnistes professionnels gardent le monopole de la parole, c’est qu’ils en ont trop souvent privé les premiers concernés. Leur discours représentatif sonne d’autant plus creux qu’il a évacué les scories, excès, maladresses des palabres insoumises qui émergent au quotidien, pendant une grève, une occupation, une manif sauvage. À force de bonnes intentions compassionnelles, ces porte-voix canalisent toute force d’expression collective et l’affaiblissent au point d’en faire un lamento victimaire. D’où la tentative de collecter ici les traces & échos de fragments de pensée, d’écriture et d’interpellation à contre-courant des formats obligés de la contestation. Quantités négligeables, dira-t-on, parce qu’éphémères et marginales. Petits ensembles flous, et alors ? Ça nous change, même invisiblement.
Graffiti lyonnais
par Mimmo Pucciarelli
Graffiti marseillais
par Tobek1
Graffiti rouennais
par Môsieur J.
Plaques sensibles
poétique du graffiti



